Horloge       La traction du Val de Sarre , dernière mise à jour le 25 janvier 2021

Sommaire :

directement vers : côté boite côté roue 1    

Remplacement des croisillons du cardan côté roue

Pour changer les croisillons du cardan double, il faut au préalable arracher la rotule creuse côté fusée et l'axe de rotule côté bras de transmission . Si vous n'avez pas les outils adaptés, inutile d'essayer de vous lancer dans cette opération .

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Commençons par le côté fusée . Après avoir dessoudé la coquille de protection ( opération décrite page 2), il faut aussi retirer la rotule sphérique

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Pour sortir cette rotule sphérique, il y a une petite astuce : il faut l'orienter , avec la rainure à l'horizontale , elle sort alors (presque) toute seule .

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Quelques mots sur l'outil incontournable auquel il faut recourir , l'extracteur 1900-T . Cet outil a été décliné en 3 versions, accompagnées d'accessoires et d'outils de contrôle, selon les 3 fournisseurs historiques d'outillage automobile : le CER de Wilmonda, le Wanoda 128 et le C22 de Facom . Ils sont d'après mon expérience personnelle excessivement difficiles à dénicher ,que ce soit dans les bourses d'échanges ou sur les sites de vente en ligne .

J'ai eu la chance de trouver le Wilmonda CER, enfoui au fond d'une caisse à la bourse de Madine il y a déjà quelques années, pour un prix que je n'ose même pas avouer tellement il était dérisoire . Malheureusement pour moi, il ne comprenait qu'un seul jeu de coquilles

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L'élément central et primordial de cet extracteur est le jeu de coquilles . Il est réalisé dans un acier extrêmement résistant, car il doit supporter des efforts considérables lors de son utilisation . Je doute fort que les refabrications vendues par certains fournisseurs atteignent ce niveau de qualité .

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Chance pour moi, sur la vis de l'extracteur étaient encore enfilés les 2 manchons excentrés .

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Ces manchons excentrés sont mis en place dans les alésages de la fusée. Ils ont une double fonction : décaler le plus possible le tourillon vers le bas pour permettre la mise en place des coquilles et servir de portée à l'extracteur .Ils sont indispensables avec l'extracteur CER (à l'inverse du modèle Wanoda) .

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Puis les coquilles sont mises en place .

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Les coquilles sont recouvertes par la frette et l'écrou moleté serré contre celle-ci pour maintenir en place .

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L'outil est en place, on peut mettre sous tension . On peut voir que l'outil prend bien appui sur les seuls manchons excentrés .

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Pour empêcher la rotation de l'ensemble, le plus simple est de serrer à l'étau . L'effort a exercer est très important, il m'a fallu une grosse clé à molette avec un bras de 50 cm

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C'est fait, la rotule est arrachée .

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Les différentes pièces : la rotule creuse, la rotule à coulisse, le ressort,...

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Il ne reste plus qu'à retirer le croisillon .

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Comme je l'ai déjà relaté plus haut , lorsque j'avais trouvé l'outil CER, il n'y avait que le jeu de coquilles pour extraire la rotule creuse . Impossible de les utiliser pour arracher l'axe de rotule . Ce n'est seulement qu'il y a quelques semaines que j'ai trouvé, à une vingtaine de km de chez moi, le jeu de coquilles qui me manquait .

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Ces nouvelles coquilles ont un diamètre plus important que les coquilles du CER Wilmonda . En cherchant un peu sur la toile, j'ai vite réalisé qu'il s'agissait de coquilles Wanoda , qui paraissent au premier abord encore plus résistantes que les Wilmonda.

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Le vendeur ne détenait que les coquilles et comme elles ne sont pas adaptées à l'extracteur en ma possession, je n'avais que la solution de confectionner moi-même les éléments qui "entourent" les coquilles . Un peu de ferraille de récup, je vais encore une fois avoir le plaisir de pratiquer le tournage .

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Quelques heures de travail plus tard,on obtient ça . Je n'avais pas de plan coté de l'outil Wanoda 128, tout juste un vague dessin . Les dimensions et les proportions ne sont sans doute pas les bonnes, mais l'ensemble devrait être fonctionnel .

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Mon extracteur "maison" prend appui sur les alésages de la fourche de commande . Pas moyen avec les manchons excentrés utilisés plus haut de mettre en place les coquilles ; pour renforcer les alésages, il faut mettre des coussinets vidés de leurs aiguilles .

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Mise en place de l'outil.

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A ma première tentative, j'ai pu me rendre compte que l'axe de rotule tenait vraiment très fort . La tige filetée de 16 que j'ai employée (c'est pourtant ce diamètre sur l'extracteur wilmonda utilisé plus haut, avec à priori la même qualité d'acier) n'a pas fait long feu .

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Pas d'autre choix que de monter en diamètre, avec ce que j'avais sous la main : une tige filetée de 22 . La photo montre l'outil modifié

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Le montage est en place .

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Il faut développer un effort, à mon sens "colossal", avec un bras de levier de 1 m pour venir à bout de ce fichu axe de rotule.

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Après une résistance acharnée, l'axe de rotule a rendu les armes . A mon grand soulagement, les coquilles et l'extracteur sont intacts

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Le voici ce fameux axe de rotule .

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et un croisillon presque neuf ! .

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On peut maintenant passer au remontage . Comme je rechigne à monter des refabrications, j'ai écumé les bourses d'échanges et la toile à la recherche de croisillons NOS . Pas faciles à dénicher, surtout si à la base on ne connait pas les références des différents fournisseurs de l'époque . J'ai tout de même réussi à trouver 2 croisillons de 2 marques différentes

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Le premier de marque Ersa . Sur l'emballage , il est indiqué côté boite, alors qu'il s'agit bien d'un croisillon côté roue . Ignorance de celui qui l'a écrit ou réemploi d'une boite vide; je ne suis donc pas sûr de la référence

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Je n'ai relevé aucune différence notable avec les croisillons originaux . Les coussinets contiennent 25 aiguilles de 2,38 mm de diamètre

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Seul détail que j'ai remarqué , les joints en liège font 4 mm d' épaisseur contre 3 mm pour les originaux . a moins qu'avec le temps, le liège ait gonflé...

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Le deuxième de marque Löbro, en provenance de l'ex RFA ne me semble pas particulièrement destiné à la Traction même si ses dimensions ,75 x 27, semblent l'autoriser .

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Beaucoup de différences avec les croisillons d'origine : les joncs d'arrêt en forme de circlips, les cuvettes d'étanchéité qui sont en plastique ce qui indique une production relativement récente . Les tourillons ont un diamètre plus faibles que les originaux : 15,70 contre 16,70

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Autre différence notable : les aiguilles , au nombre de 30 , ont un diamètre de 1,95 mm.

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On commence par remonter l'axe de rotule . Après nettoyage, on chasse la vieille graisse à l'aide d'un fil de fer de diamètre adapté

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J'ai démonté 2 axes de rotule , celui de gauche parait plus eu un vécu plus intense que celui de droite . Je remonterai en priorité ce dernier . Le diamètre pour les deux est légèrement supérieur à 14,10 mm , au lieu des 14 mm d'origine, ce qui correspond à des axes de rotules de rechange, donc à des cardans déjà reconditionnés .

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Pour pousser l'axe de rotule avec la presse, le dictionnaire des réparations préconise de les protèger à l'aide d'une coque de poussée référencée 1904-T , sans apporter plus de précisions . J'ai donc confectionné une telle coiffe qui prend appui sur la sphère comme l'indique le croquis du dictionnaire . La coiffe est alésée à 11x 27 .

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L'axe de rotule et son alésage sont soigneusement dégraissés .

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Le dictionnaire des réparations indique qu'il ne faut pas réutiliser les rotules extraites mais les remplacer par des rotules en cote réparation pour que le serrage soit suffisant . D'après ce qui a été vu plus haut , on est ici déjà en cote réparation . Pour assurer un serrage suffisamment fort , il faut remonter à la colle "blocpresse "

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Pour pousser dans l'axe de l'alésage, il faut un support qui prend appui sur une partie usinée du bras de transmission . Je confectionne donc un tas alésé à 45 mm , comme d'habitude à partir de fer de récupération .

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On n'oublie pas de mettre le croisillon en place, partie évidée vers le haut, et on passe sous la presse . L'axe de rotule doit être enfoncé jusqu'à buter au fond de son alésage

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Voilà , c'est en place .

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Avant de remonter les coussinets,,même si le croisillon était neuf d'origine dans sa boite, j'ai pris le soin de remplacer la graisse vieille de quelques dizaines d'années . il ne reste plus qu'à mettre en place .

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Passons maintenant côté fusée . Avant de pouvoir mettre en place la rotule creuse, il m'a fallu confectionner le calibre à 3 touches 1908-T et les 2 calibres de logement de coussinet 1910-T . Encore une fois merci à Christophe ( CMT) d'avoir pris la peine de réaliser les plans cotés de ces 2 calibres et de les avoir partager sur le forum GMT .

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A propos du calibre 1908-T, sa mise en place n'est pas clairement explicitée dans le dictionnaire des réparations où l'on trouve tout juste un vague croquis ( à gauche) . La documentation Wilmonda n'est guère plus précise à ce sujet (à droite)

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En testant sur une rotule restée en place sur sa fusée, c'est plus facile à comprendre . La touche centrale doit prendre appui sur la partie sphérique de la rotule et non sur le méplat . Il faut donc tourner la rotule de 90° avant de pouvoir contrôler la profondeur.

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Sur ma lancée, je tourne aussi un poussoir en décolletant un barreau d'acier sur 10,8 x 17 . Le dictionnaire des réparations indique pour cet usage de prendre un axe de rotule usagé et de le meuler légèrement , mais comme je ne dispose que de peu de pièces de rechange, je ne souhaitais pas sacrifier un axe de rotule .

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Je remonte la rotule que j'avais arrachée plus haut . Ce n'est pas ce qui était préconisé par Citroën dont le service de pièces détachées proposait une rotule en cote réparation équipée de ses cuvettes d'étanchéité . Le méplat visible sur la photo est présent sur les 2 rotules que j'ai eu à arracher, mais j'ignore son utilité .

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Un petit éclaté des pièces avant remontage . Le "blocpresse" va encore fois servir .

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On met le croisillon en place, la partie évidée toujours vers le haut .

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Il faut aussi mettre en place les calibres 1910-T, ainsi que la rotule sphérique

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Pour obtenir un appui solide sous la presse et pour être dans l'axe, je choisis de prendre appui sur l'épaulement de la fusée sur lequel porte le roulement intérieur . Dans mon bric à brac, j'ai trouvé une bague alésée à 36 , exactement ce qu'il faut si on se souvient que le diamètre du roulement intérieur est 35 mm .

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L'ensemble en place sous la presse

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Premier contrôle de la position : on est encore assez loin du compte

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Pour ne pas pousser à l'aveugle et être obligé de contrôler à de multiples reprises, on peut utiliser le comparateur pour suivre l'avancement de l'opération . L'enfoncement de la rotule n'est pas linéaire : lorsque l'effort de la presse augmente, la rotule résiste , puis dans un deuxième temps, lorsque la contrainte est suffisante, elle cède et descend dans l'alésage . Il faut donc faire preuve d'un peu de doigté avec la presse .

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Après quelques tâtonnements, la rotule est en place .

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La suite du remontage ne posant aucun problème , on se retrouve au final avec un beau cardan muni de croisillons tout neufs .

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