Horloge       La traction du Val de Sarre , dernière mise à jour le 06 décembre 2018

Réalisation d'un support roulant

Possèder un véhicule de collection impose un certain nombre de contraintes, en particulier le fait de pouvoir mettre le véhicule à l'abri des intempéries mais aussi des importuns . Lors de la construction de ma maison, au siècle dernier, j'avais prévu un emplacement pour garer la Traction que je possèdais déjà depuis plusieurs années . Le problème était cependant que pour faciliter les entrées et sorties de mon véhicule moderne, la traction se trouvait reléguée sur le côté . Pour la sortir , il fallait donc procéder à de multiples manoeuvres pour la mettre peu ou prou en face de la porte du garage . De plus, comme même dans un sous-sol, la place est comptée, l'espace devant et derrière la voiture se trouve très vite occupé, tout déplacement de la voiture se voit donc de facto précédé d'une corvée de manutention . Tant que la voiture était en phase de restauration, cela n'était guère gênant . Mais, désormais,la voiture étant apte à retrouver le bitume, il était devenu primordial de rendre aussi aisés que possible ses mouvements à l'intérieur du garage .

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Avant de me décider, j'ai exploré plusieurs pistes . La première, sans doute la solution la plus couramment retenue par tous ceux qui se trouvent dans la même situation , les chariots hydrauliques "Go Jack" . Ces chariots qui se placent sous chaque roue permettent de ranger un véhicule dans des endroits à priori inaccessibles . Je n'ai pas retenu cette option pour 2 raisons . Je ne sais pas comment réagit un pneu de voiture qui reste plusieurs mois coincé sur ce chariot, mais surtout après avoir visionné quelques vidéos, j'ai pu constater que le temps de mise en oeuvre n'était pas négligeable . Il faut compter entre 1 ou 2 minutes pour mettre en place chaque chariot et pomper au pied pour soulever la roue du sol .J'ai même relevé quelques critiques d'utilisateurs qui se plaignaient de l'effort physique important à faire pour déplacer la voiture sur ses 4 chariots .

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photos "empruntées" sur internet.

Autre piste rapidement abandonnée : récupérer le plateau d'une remorque porte-voiture et le modifier pour le mettre sur roulettes. Faute d'avoir trouvé une telle remorque à un prix acceptable pour l'usage évoqué, le projet a tourné court . Une variante de cette solution était de réaliser de toute pièce un plateau à partir de poutrelles et de plaques d'acier . L'encombrement et le poids des pièces à mettre en oeuvre m'a là aussi paru rédhibitoire .

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photos "empruntées" sur internet.

Finalement j'ai choisi de confectionner un support roulant personnalisé répondant au cahier des charges que je me suis fixé :

- la voiture doit monter sur le support en roulant avec le minimum d'interventions préalables . Le support doit être assez rigide pour "encaisser " les contraintes liées aux montées -descentes

- le poids doit être le plus faible possible

- le support doit rouler le plus aisément possible dans le sens transversal sans pouvoir rouler dans le sens longitudinal au moment des montées-descentes .

- la voiture doit pouvoir reposer sur le support sans crainte de déformer les pneus .

- pour l'hivernage de la voiture , celle-ci doit pouvoir être mise sur chandelles sans descendre du support roulant .

L'idée était donc de réaliser 4 plateaux munis d'une rampe inclinée, reliés entre eux de manière rigide et pouvant se glisser sous la voiture . Pour que la voiture puisse monter dessus aisément, avec une pente raisonnable pour la rampe , la hauteur des plateaux ne devait pas excéder à mes yeux 10 cm .

Première étape : réalisation des 4 cadres en fer cornière de 40 x 60 . Dimensions du cadre : 450 x 350 .

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Le tablier qui reposera sur les cadres sera réalisé à partir de tôle d'acier de 5 mm d'épaisseur . Il faut renforcer les cadres pour éviter la déformation de ces tabliers . Une entretoise en fer Té à l'arrière et 2 pour l'avant où l'effort est plus important .

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Le choix des roues( ou roulettes) à fixer sur le cadre me posait des problèmes . Ces roues subissent 2 types d'efforts . En premier lieu , elles doivent supporter le poids de la voiture . Une berline légère pèse environ 1 tonne, n'ayant pu trouver aucune donnée à ce sujet, j'estime, au doigt mouillé, que les 3/5 de l'effort se fait sur les roues avant et 2/5 sur l'arrière, soit donc 600/2 = 300 kg sur chaque plateau à l'avant et 200 kg à l'arrière . Mais surtout comme la voiture monte sur le plateau perpendiculairement aux roues de ce dernier, ces roues subissent un effort axial pour lequel elles ne sont pas forcément adaptées . Cet effort est à priori plus important à l'avant qu'à l'arrière . J'avais dans un premier temps pensé utiliser des roulements à billes rebutés, notamment ceux de boite de vitesse dont je possèdais quelques exemplaires . Finalement, devant la difficulté à en rassembler un nombre suffisant de tailles compatibles, j'ai opté pour des rouleaux . J'ai ainsi récupéré à la ferraille des pièces cylindriques provenant d'une machine industrielle que je n'ai pas identifiée . Le réalésage de ces éléments n'a pas été une partie de plaisir : l'acier était tellement dur que mes forets HSS n'arrivaient pas à les attaquer, il m'a fallu les alèser au tour avec un outil au carbure .

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A force de persévérance , j'ai quand même fini par 3 trains de rouleaux par plateau avant . Pour l'arrière , je choisissais de tenter le coup avec des roues en caoutchouc, quitte , si elles s'avèraient trop peu solides à revenir à des rouleaux , mais sous une autre forme .

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Quelques ( et encore plus ) heures plus tard, après avoir scié,soudé, percé, décolleté, taraudé,... on obtient ceci .

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Puis encore plus tard, on commence à voir à quoi cela va ressembler .

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Ca roule plutôt bien, mieux que je ne l'espérais, mais c'est lourd : 35 kg chaque

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On passe aux plateaux arrières . Comme déjà dit plus haut , j'ai changé mon plan de départ et vais équiper ces plateaux de roues en caoutchouc de diamètre 200 mm , alésage 25 mm pour une "résistance " de 150 kg . Il faut donc adapter les cadres en conséquences, avec l'ajout de bras pour supporter les axes de roues, celles ci ne pouvant prendre place sous le cadre puisque mon cahier des charges prévoit une hauteur maximale des plateaux de 10 cm .

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Ca commence à prendre forme .

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Toutes les pièces sont maintenant présentes . C'est costaud et grâce aux roulements à rouleaux montés dans les roues , ça roule trés facilement . Le plateau terminé, je ne peux m'empêcher de le faire passer sous la voiture . Oh surprise, il ne passe pas : ça coince au niveau du tube sous caisse, la garde au sol à ce niveau n'est que de 17 ou 18 cm . Il me faut commnander de nouvelles roues de diamètre 160 et modifier une nouvelle fois les cotes .

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Il est temps maintenant de réaliser le tablier et la rampe qui seront constitués à partir d'une même pièce . Découpe des éléments dans une tôle d'acier de largeur 37 cm et d'épaisseur 5 mm . Longueur des éléments : 90 cm

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Pour plier la tôle, j'ai entaillé jusqu'à mi épaisseur, plié puis ressoudé .

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Pour permettre la rotation du tablier-rampe ( la rampe touche le sol lors des montées descentes et remonte lors des déplacements) , je le fixe avec des paumelles à souder sur le cadre . Sur les 2 plateaux arrière, suite aux modifications, j'ai dû adapter un système de rotation plus rudimentaire que l'observateur averti reconnaitra au premier coup d'oeil .

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Evidemment , la rampe doit être renforcée pour ne pas se déformer sous le poids de la voiture . 3 tubes "carré " de 30 x 15 feront l'affaire .

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Quelques soudures à reprendre, et quelques découpes supplémentaires pour les roues sur les plateaux arrière.

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Voilà c'est fini pour le premier

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suivi bientôt du deuxième

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A l'avant , le tablier est muni d'une butée en cornière de 60 qui fait aussi office de contrepoids , permettant ainsi à la rampe de ne pas toucher le sol lorsque la voiture ne repose pas sur le support .

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La liaison des plateaux arrière est assurée par un fer U de 50x30 et un fer Té de 30 vissés sur les bras des roues

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Les plateaux avant,quant à eux, sont reliés par deux tubes ronds de 45 vissés sur les cotés .

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Une poutre en tube carré de 60 relie les plateaux avant et arrière : c'est la pièce la plus lourde , sans doute surdimensionnée ici , mais elle assure la rigidité de l'ensemble . Un tirant en fer Té complète la liaison . Je suis étonné par la facilité avec laquelle le support roule, vu le "poids" total ( pas loin de 190 kg) et la conception , je m'attendais à pire

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Le support roulant est terminé, passons à la manoeuvre . Le support est rangé à son emplacement, bien parallèle au mur .

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On rentre la voiture à moitié dans le garage et on glisse le support sous elle . On veille à centrer approximativement les roues par rapport aux plateaux

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Pour monter sur le support roulant, il faut donner un bon filet de gaz, car mine de rien , la rampe présente une pente de plus de 20 % ( 10/45) . Heureusement qu'il y a les butées en bout de plateau .

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Il ne reste plus qu'à pousser voiture et support jusqu'à l'emplacement prévu . Je ne prétends pas qu'il suffise de pousser avec le petit doigt, mais un homme seul y arrive aisément . C'est à peine plus difficile que de déplacer la voiture sur ses propres roues , et ce geste , pour l'avoir exécuté souvent, je le connais assez bien .

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Pour l'hivernage de la voiture ou les périodes prolongées de repos de la voiture, j'ai prévu de la mettre sur cales ( cric) sans qu'il soit besoin de la descendre de son support .

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